Macron sur les prix des carburants : plafonnement TotalEnergies, aide aux « grands rouleurs », refus de baisser les taxes

Interviewé sur France 2 et TF1 face à la flambée des prix, Emmanuel Macron a défendu le plafonnement pratiqué par TotalEnergies (1,99 EUR pour le SP95, 2,25 EUR pour le gazole) et l'aide de 100 euros aux gros rouleurs, tout en excluant une baisse des taxes sur le carburant. Ce qu'il faut en retenir, chiffres à l'appui.

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En bref : Interrogé sur la flambée des prix des carburants, Emmanuel Macron a mis en avant le plafonnement pratiqué par TotalEnergies (essence à 1,99 EUR, gazole à 2,25 EUR) et l'aide de 100 euros aux "grands rouleurs" aux revenus modestes, étendue en octobre à plus de 5 millions de Français. Il a en revanche écarté toute baisse des taxes, qu'il juge trop coûteuse pour les finances publiques.

Emmanuel Macron était interviewé ce soir sur France 2 et TF1, dans un contexte de crise énergétique mondiale marquée par les tensions dans le golfe Persique et la remontée du cours du pétrole. Les prix à la pompe et le pouvoir d'achat automobile ont occupé une large partie de l'échange.

Le plafonnement TotalEnergies, pas un plafond national

Le président a défendu l'accord obtenu avec TotalEnergies : "Vous avez de l'essence à 1,99 et un diesel à 2,25 plafonné." Un point mérite d'être précisé, car il prête à confusion : ce plafond ne s'applique qu'aux stations TotalEnergies, pas à l'ensemble du réseau français. Les autres distributeurs restent libres de fixer leurs prix, et plusieurs stations affichent des tarifs sensiblement plus élevés (jusqu'à 2,41 EUR le gazole rapportés par des lecteurs pendant l'interview) selon leur zone et leur enseigne.

Pour comparer en temps réel les prix autour de chez vous, toutes enseignes confondues, direction carburants.chiffrex.fr.

Une aide de 100 euros, mais pas pour tout le monde

Emmanuel Macron a également mis en avant l'aide aux "grands rouleurs", en insistant sur le fait qu'elle cible "ceux qui en ont le plus besoin". Dans les faits, ce coup de pouce de 100 euros, versé en une fois :

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  • concerne les travailleurs aux revenus modestes dont l'activité professionnelle implique un usage important de la voiture ;
  • sera accessible, à partir d'octobre, jusqu'à 2 035 euros de salaire net mensuel pour une personne seule, ce plafond variant selon la composition du foyer ;
  • exclut de fait les retraités et les personnes sans emploi, qui n'y sont pas éligibles même si leurs déplacements en voiture sont importants ;
  • serait étendue à plus de 5 millions de Français selon le ministère de l'Économie.

Pourquoi pas une baisse générale des taxes ?

Sur ce point, le président a été catégorique, écartant les propositions de baisse des taxes sur le carburant portées par certaines oppositions, qu'il a qualifiées de "démagogie budgétaire". Son argument : "Sur un mois, baisser [les taxes] de 20 centimes, c'est un milliard d'euros qui financent des dépenses concrètes de l'Etat, des régions, des communes et de la Sécurité sociale." Sa logique : cibler l'aide sur les ménages qui en ont le plus besoin coûte moins cher à l'État qu'une baisse générale profitant à tous les automobilistes, y compris ceux qui n'en ont pas besoin.

À gauche comme à droite de l'opposition, la ligne du gouvernement a été critiquée dans la foulée de l'interview : la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot a estimé que le président "tente de nous endormir", tandis que la députée Aurélie Trouvé a dénoncé la qualification de TotalEnergies comme opérateur "patriote". Du côté de la majorité, le ministre des Finances David Amiel a salué un budget jugé "responsable".

Le contexte : un pétrole sous tension, des stocks à 80 %

Le président a rappelé que la France avait rempli ses stocks stratégiques à hauteur de 80 % en gaz et en pétrole, en ligne avec les directives européennes, afin de limiter le risque de pénurie en cas d'aggravation de la crise dans le golfe Persique. Il a écarté toute intention de lever les taxes davantage tant que les cours mondiaux restent le principal moteur de la hausse, misant sur une détente diplomatique plutôt que sur un geste fiscal immédiat.

Ce que ça change concrètement pour vous

  • Si vous roulez beaucoup pour le travail et gagnez moins de 2 035 EUR net/mois, vérifiez dès octobre votre éligibilité à l'aide de 100 euros.
  • Ne vous fiez pas au seul prix affiché chez TotalEnergies pour juger du marché : comparez les enseignes, les écarts locaux dépassent régulièrement 10 centimes par litre.
  • Aucune baisse de taxe n'est à attendre à court terme : les prix resteront avant tout dictés par le cours du Brent et l'évolution de la crise énergétique mondiale.

Nous continuerons de suivre l'évolution des prix jour par jour sur carburants.chiffrex.fr, avec le cours du pétrole et nos prévisions à court terme par carburant.

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