Le pétrole s'envole, mais les prix à la pompe se stabilisent : ce qui se passe cette semaine

Le baril de Brent a bondi de 19 % en un mois et de près de 10 % sur la seule dernière semaine, pourtant les prix à la pompe ont nettement ralenti : le SP95 est quasiment à l'arrêt depuis le 9 septembre. Explication de ce décalage, et ce qu'il faut en attendre pour les prochains jours.

Le pétrole s'envole, mais les prix à la pompe se stabilisent : ce qui se passe cette semaine
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En bref : Le Brent a grimpé à plus de 104 dollars, en hausse de 19 % sur un mois et de près de 10 % sur la seule dernière semaine — sa plus forte accélération depuis le début de l'été. Pourtant, à la pompe, la hausse a nettement freiné : le SP95 est presque figé depuis une semaine (+0,5 centime en quatre jours), et le gazole ralentit lui aussi. Ce décalage temporaire ne veut pas dire que la hausse est finie.

La semaine dernière, on écrivait que les prix à la pompe repartaient nettement à la hausse avec la rentrée. Le mouvement n'a pas disparu, mais il a changé de visage : c'est maintenant sur les marchés pétroliers que ça s'agite, pas (encore) sur les panneaux d'affichage.

Ce que disent les chiffres depuis une semaine

Entre le 6 et le 13 septembre, la hausse continue mais ralentit sensiblement par rapport à la semaine précédente :

  • Gazole : de 2,277 à 2,317 EUR/L, soit environ +4 centimes (+1,8 %).
  • SP95 : de 2,165 à 2,192 EUR/L, soit environ +2,7 centimes (+1,2 %).
  • SP98 : de 2,209 à 2,239 EUR/L, environ +3 centimes.
  • E10 : de 2,112 à 2,138 EUR/L, environ +2,6 centimes.
  • E85 et GPLc : quasiment immobiles, autour de 0,88 EUR/L et 1,05 EUR/L.

Et surtout, en resserrant sur les quatre derniers jours (9 au 13 septembre), le SP95 est passé de 2,187 à seulement 2,192 EUR/L : un plateau quasi total, après avoir gagné plus de 6 centimes la semaine précédente. Le gazole continue de grimper mais lui aussi au ralenti, autour d'un demi-centime par jour contre plus d'un centime début septembre.

Le pétrole, lui, continue de flamber

C'est là que ça devient contre-intuitif : le baril de Brent ne s'est pas calmé, bien au contraire. Il est passé d'environ 95 dollars début septembre à plus de 104 dollars aujourd'hui (89,99 EUR), avec un pic à plus de 105 dollars le 11 septembre. Sur trente jours, la hausse atteint désormais +19 %, et +9,85 % sur la seule dernière semaine — une accélération par rapport à la semaine précédente (+8 % sur sept jours à l'époque).

Autrement dit : le carburant brut coûte de plus en plus cher aux distributeurs français, mais ceux-ci n'ont, pour l'instant, répercuté qu'une fraction de cette flambée sur les prix affichés en station.

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Pourquoi ce décalage ?

Plusieurs mécanismes expliquent ce temps de retard, déjà évoqué la semaine dernière mais qui s'accentue :

  • Les stocks tampons. Les distributeurs achètent leur carburant plusieurs semaines à l'avance ; une partie de ce qui est vendu aujourd'hui a été acheté avant l'envolée récente du Brent.
  • Les marges de raffinage et de distribution, qui peuvent temporairement absorber une partie du choc plutôt que de le répercuter immédiatement — surtout en sortie de vacances, période sensible pour la fréquentation des stations.
  • Le taux de change EUR/USD, qui a légèrement amorti le choc en euros par rapport au choc en dollars (le baril en euros a moins progressé que son équivalent en dollars).

Ce décalage n'efface pas la hausse du pétrole : il la met simplement en réserve. Si le Brent se maintient à ce niveau, ou continue de monter, la transmission vers la pompe reprendra probablement dans les prochaines semaines.

Nos prévisions à court terme

Nos prévisions à trois jours, recalculées quotidiennement à partir des relevés nationaux, penchent pour une poursuite du calme relatif :

  • SP95, E10, SP98 : quasi stables, une légère hausse résiduelle n'est pas exclue si le Brent se maintient au-dessus de 100 dollars.
  • Gazole : poursuite d'une hausse modérée, mais sans accélération attendue à très court terme.
  • E85 et GPLc : stables, comme depuis plusieurs semaines.

Cette prévision reste conditionnée à l'évolution du baril : un nouveau pic serait de nature à relancer la hausse à la pompe avec le décalage habituel de quelques jours à quelques semaines.

Ce que vous pouvez faire

  • Le moment est plutôt favorable pour faire le plein si vous en avez besoin : la hausse marque une pause, ce qui n'était pas le cas il y a une semaine.
  • Comparez quand même les stations : l'écart local dépasse encore régulièrement 10 centimes par litre, bien plus que le mouvement national de la semaine.
  • Restez attentif au cours du pétrole dans les prochains jours : une remontée durable au-delà de 105-110 dollars pourrait signaler la fin de cette accalmie côté pompe.

Pour suivre l'évolution jour par jour, avec le cours du Brent et les prévisions près de chez vous, rendez-vous sur carburants.chiffrex.fr.

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